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Full text of "Prospectus pour l'etablissement sur les rivieres d'Ohio et de Scioto, en Amerique"

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littp://www.archive.org/details/prospectuspourleOOinscio 








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PROSPECTUS 

POUR V ÉTABLISSEMENT 

SUR LES RIVIERES D'OHIO ET DE SCIOTO^ 

enAmérique. 



..■^ummt^. ^l.lJUlIMMMUH Ii^BWHW B.i. If .J..|l.. 



LiES Etats-unis alTemblés en congrès ayant vendu cinq millions 
d'acres (i) de terrein , fitués fur les rivières d'Ohio (i) & de Scioto , 
en Amérique , à un certain nombre de perfonnes qui ont formé 
i2ne compagnie dans fintention de cultiver & de peupler ce terrein ; 
8c cette compagnie, trouvant que deux millions d'acres font autant 
qu'il lui en faut pour les bien exploiter ^Je propqfc de vendre les 
autres j millions diacres qui compofint la partie occidentale de ce. 
territoire j dont une partie eji contigue à celle quils mettent acluellc- 
ment en culture. 

La nature du fol & Texcellence du climat , aufTi bien que les 
produâions de ce terrein, font décrites dans une brochure traduite 
de Toripinal anglais , imprimée en Amérique. La vérité des faits 
rapportes dans cette brochure , eft non -feulement atteltée par 
M. Thomas Hutchins , écuyer ^ géographe des Etats-unis , mais 
encore par le rapport unanim^e de tous \ts voyageurs , de toutes les 
perfonnes qui ont vu ce pays , & qui toutes en font un éloge 
uniforme ; elles s'accordent à dire que le terrein de ce canton eil: 
un des plus fertiles qu'il y ait dans le monde. 

A la bonté du climat & à l'excellence du fol, il faut joindre la 
bonté du gouvernement ; peut-être même cet avantage devroit-il 
occuper le premier rang: il fe trouve fans contredit dans ce pays 
au-de0us de tous les autres. 

L'Europe , l'Afie & l'Afrique ont été peuplés dans les tems 
d'ignorance , & jamais on n'en effacera entièrement les traces ; ce 
jî'ell qu'en Amérique , où en jouiifant de tout le bonheur qu'on a 
droit d'attendre de la liberté, du climat 8c du fol, on peut mettre en 
exécution pour un valte pays le même plan qu'on adopteroit pour 
la terre d'un particulier, 

(i) L'acre anglais eft d'un arpent & un quart à-peu-près. 
^2) Connue aux François fous le nom de la. iciU nvùn, 

A 



Il efl donc avantageux d'y acquérir du terrein. Pour faire toucher 
au doigt la vérité de cette alFertion , il fuffit de faire remarquer 
d'abordjque les. fommes confidérables dont il faudra débourfer neuf 
dixièmes ielon le plan qu'on propofe , font deflinées à racquifitioii 
de terres , qui , dans huit ans au plus tard , auront plus du double 
de la valeur à laquelle on les met , quand même on n'y enverroit 
pas de cultivateurs ; parce qu'elles font contigues k d'autres terres 
qu'on exploite & qu'on cultive acLuellement. Les fommes , pour 
acquérir ces terreins , feront pour cette raifon bien employées , &' 
nt peuvent -point être -perdues. 

Ce feul mot fuffit pour prouver la folidité de l'emploi de ces 
fommes : afin de ne nous pas répéter , nous renvoyons à la brochure 
imprimée , par laquelle on pourra fe mettre au fait des produèlions 
de ce pays, & à fédit (t) du congrès qui fei;a,Connoitre les loix 
fous lefquelles on y vivra. M:it/*4'lv:'' ■ 

Quant à préfent , annonçons brièvement les propofitions que 
font les propriétaires des 3,000,000 d'acres de terres fufdites. Ils 
offrent de les vendre à raiibn de fix livres Tacre ^ ce qui formera 
la fomme de dix-huit millions payables par époques à de certains* 
termes de la manière fuivance. 



Décembre 1785) i, 5*00,000 

Avril i7po ►;,-i-i.. :. . . . . IcyOO^OOO 1 ^^ première moitié des paiemenr^' 

Odobrt^ 1790 ■•... l'cOO,000 V ^^'" Pf 1« fo^ds provtnans de la-^ 

r\r^ A ■- -' ■ millionSi. 

• Uctobre i7pi. ...3,0003000 



Avril 1792 .,-. . , , .^jOOOjOOO y La féconde moine des paiemens /aifs 

Avril 179^ ^ OOO 000 > P^'^ ^^^ fonds proverans des produiis' 

•• ' -^ ^' ' 'de ces '^'"-"" ^' .-_. -../x: i -«..r 

millions 



Avril 1794... . . . .3,000,000 i ^"..^^^ ''^"^s , Se montant auffi à neuf 



On fe convaincra en lifant les arrangemens ci-après indiqués y 
comment les avances à faire fur cette fomme ^ fe récluifent eri effet 
à fept millions huit cents mille livres , & ce n'efl que fondé furvme 
probabilité de réufTite qui approche de la certitude , que les proprié- 
taires peuvent confentir , comme ils le font , à des paiemens aufh 
éloignés qu'en 1793 & 1794. Us favent que les produits fufîiront 



(2) L'édit eft traduit en français ; mais il n'eft pas imprimé. On peut le voir, ainfi que, 
les pièces qui juftifîent les pouvoirs des Agens , au bureau de la Compagnie , rue Neuve^- 



dfis-Petits -Champs , W". 162. 



( 3 ) 
pour payer tien au-deli de ce qui fera du : dès après le troiflème 
paiement , il y aura un furplus confidérable ; au cinquième & au 
fixième les revenus fufïiront & au-delà à payer les termes qui 
«cherront alors ; après quoi les profits , qu'on peut évaluer avec 
beaucoup de vraifemblance à 8 millions par an , toutes déduclicns 
faites , refteront nets aux acquéreurs. 

Telles font les raifons générales qui prouvent la folidité de cette 
çntreprife, Refte a favoir fi le moyen qu'on adopte pour la mettre 
■en exécution, eft le meilleur , c'efl ce que Ton examinera dans la 
fuite. On démontrera que le moyen le plus propre , le feul h. adopter 
efl: celui qu'on a mis en ufa-g-e , favoir qu'une compagnie fe charge 
8c de Tacliar & de la culture de ces terres. 

Lorfqu'un particulier fait l'acquifition d'un tcrrein dans un pays 

éloigné, il n'eft pas long-temps fans s'appercevoir qu'il eft de (on 

intérêt de s'y établir ; ainfi le dcfcendant d'un Français qui fera 

propriétaire de vingt mille acres de terre en Amérique , & qui 

par-là fe procure un revenu de cent mille livres, ira , ou plus tôt ou 

plus tard, habiter fes terres, & deviendra lui-même Américain. 

C^eft pour cela précifément qu'on préfère d'adrefTer la propofi- 

tion prélente à une compagnie , qui eft cenfée être toujours fixée 

h. Paris ^ 8c qui y réfide en effet ; & au moyen de cette réfidence 

-dans la capitale, les revenus de ces terres, frais déduits, viendront 

jconftamment en France , revenus qu'il faut évaluer au moins à la 

ibmme de trois à cinq livres par acre l'un dans l'autre. 

En débourfant une fomme raifonnable, en travaillant au bonheur 
d'un grand nombre de perfonnes , & en leur alTurant une exiftcnce 
aifée & honnête , la compagnie fe procure en même -temps un 
i'evenu confidérable qui ifeftfujet à aucun des événemens auxquels 
h s projets des hommzs font onniNAinEMENT expojes ; la culture 
étant le moyen le plus durable & le plus affuré que la nature aie 
donné à l'homme pour récompenfer fes travaux. En conléquence , 
Ton ne mettra point ici en ligne de compte les profits qui pour- 
roient réfulter de l'exploitation des mines qu'on trouve dans cette 
contrée , ni les avantages qui pourroient découler du commerce des 
pelleteries ; on fe bornera uniquement à expofer les revenus qui 
doivent réfulter de la culture des terres , encore eftimera-t-on ces 
profits fur le pied le plus bas. 

Dans le plan qu'on propofe ici , les apparences d'un bénéfice 
çonfîdérahh fe trouvent liées à celle d une fureté incontcflabk ; 
fhofe qui a rarement lieu en même- temps ^ oc l'on doit attribuer 

A 3 



( 4 ) 
le concours de ces deux chofes à ce que dans cetre entreprife , ta 
nature contribuera plus â faire augmenter la valeur des propriétés 
que ne le pourroient faire tous les efforts de quelque compagnie 
que ce [oit. Comme le nombre des habitans ira toujours en augmen- 
tant , des qu'on aura jette les premiers fondemens de cet érablii- 
fement , ainfî que cela efl: toujours arrivé en Amérique dans les 
difFérens établiiîemcns qu'on y a formés , & qu il eft hors de doute 
que cela aura lieu , fur-tout fur une portion de terre auffi fertile & 
aulTi heureufement iituée , au milieu de rivières navigables , dans 
un climat doux & favorable , fous le trente-neuf à quarante-unième 
degré de latitude , & fous un gouvernement libre & bien établi , il 
eft impcffible qu'il ne profpère avec rapidité. 

Ces terres font bornées au midi par la rivière d'Ohio , ou la belle 



Oc eues s etrCliUCJ.U. ttlxCZ, ilU IIUIU , CULit ^^^^^ cn-u^ ilVl^-Aw^, |^»jui. xn-ai 

fermer la quantité fufmentionnée de trois millions d'acres , non 
comprifes quelques donations & quelques réferves exprimées dans 
Vacle de vente. Un peut fe faire une idée & de la qualité du terrein 
& de fa fituation locale par la brochure fufdite , dans laquelle on 
fait l'explication de la carte topographique ci-jointe à laquelle elle 
fe rapporte. Ce pays eft fitué , comme il a été dit plus haut , vers 
le trente-neuvième degré de latitude ^ dans un climat aufli fain que 
tempéré & pur , le ibi en eft bien exadement tel qu'il eft décrit 
dans cette brochure , fi même il n'eft pas au-defTus de ce qu'on y 
en dit, & il eft fertile en produdions des plus intérelTantes (i). Ce 

■iûO'i al 

(i) Une preuve înconteftable de la fertilité du fol dans un territoire neuf, fe tire de la 
multitude confidéiable de gibier que la terre fans culture y nourrit & y entretient , fans que 
l'homme y contribue en quoi que ce foit. Sur les bords de l'Ohio , les troupeaux de buffles 
& de bêtes fauves , les dindons , les oyes , les canards , les cygnes abondent , la rivièr-ç e/l 
pleine d'excellens poiflbns ; tout cela y eft en fi grande quantité , que les cultivateurs , pendant 
les deux premières années après leur arrivée , n'ont befoin de faire aucunes dépenfes pour 
fe procurer les viandes néceffaires à la nourriture. L'expérience l'a démontré ;, les arpenteurs 
& ceux qui étoient à leur fuite en ont fait l'épreuve ; en fe faifant accompagner d'un chafTeur 
adroit , ils ont procuré la nourriture pour quarante ou cinquante perfonnes qui travailloienî 
dans leur département. 

Les généraux Parfons & Buttler , lorfqu'ils étoient occupés à faire le traité de 1785 avec 
les Indiens , prirent avec eux une fuite de cent cinquante perfonnes; ils avolent emmeni 
trente bœufs gras , afin de fournir leur fuite de bœuf; ils vinrent à la rivière Miami, i\n 
peu au-deffous du Scioto , où le traité devoit être conclu dans le mois de Novembre, & ils 
y reftèrent jufqu'au mois de Mars fuivant ; leurs chafleurs leur apportèrent une fi grande 
abondance de toute forte de gibier excellent & de poiiTons , qu'ils ne furent pas obligés dq 



tefreîn fitué entre deux larges rivières , a toutes les commodités 
qu'on peut defirer dans un pays de commerce ', d'ailleurs la com- 
munication avec le lac Erié & avec le Canada par le Scioto , & avec 
tout le territoire occidental par TOhio , lui alFure plus d'avantages 
qu'on ne peut en rencontrer dans aucun pays connu. 

A ces avantages que le territoire en queilion a reçus de la na- 
ture , il faut en ajouter quelques-uns qui font accidentels. Voici 
les principaux. 

i^. L'édit donné par le congrès pour Tadminifiration du terri- 
toire occidental qui ti\ le tcrrein dont il efr queilion ici. Cet édit 
fixe fon organifation de manière que ce pays fera formé en Etats , 
& détermine que le centre d'un de ces états à Tell fera fur le 
Scioto. 

2®. Le congrès en vendant ces terres , a pris en confidcraticn 
tout ce qui peut contribuer à Tordre, à la dignité & au bonheur 
de ces établilFemiens : le pays fera fubdivifé en municipalités de fjx 
milles , ou deux lieues quarrées , celles-ci feront diviiees en trente- 
fix parties égales d'un mille quatre chacune ; cinq de ces 
parties dans chaque municipalité feront deftinées , une partie 
pour des écoles d'éducation , une partie pour l'entretien des ecclé- 
liaftiques, & les trois autres parties refteront à la difpofition du 



congres. 



Deux municipalités entières de 46,080 acres vers le centre du 
pays font réfervées pour les revenus d'une univcrfité. Ces dona- 
tions & ces réferves nejojit point comprifes dans la commenfuration 
des trois millions diacres fujdits ^ & ne feront conféqucmment point 



tuer aucun de leurs bœufs. Ils ne recueillirent point de fourrage pour leurs bêtes à corne y 
i& dans le printemps on les ramena tons dans des bateaux le long de l'Ohio , aufTi gras que 
îorfqu'ils éioient venus ; ils s'ctoient nourris des herbages qui croifTent naturellement pendant 
l'hiver. Cette circonftance prouve la douceur du climat, l'excellence du fol naturel , & du 
fourrage qui y croît , aufîi bien qu'il démontre la bonté & l'abondance du gibier. 

Quand le gibier commenceroit à diminuer, alors les bêtes à corne & les porcs prendroient 
fa place ; il fuffit d'en avoir quelques-uns qui foient en état de féconder & de porter, pour 
que le nombre en augmente bientôt par milli.-rs , fans faire prefque aucune dépenfe, & 
ils feroient affcz gras pour le couteau. 

Le général Scott, qui partit de New-Yorck pour l'Ohio dans l'année 1783 , rapporte 
qu'en fait de porcs, la fouche qui devoit fervir à fa provifion commença cette année par 
une feule femelle, la multitude du gibier fit qu'on n'eut pas befoin de la tiîer, ni elle ni 
fes petits; ils coururenr par-tout , &: fe nourrirent dans ce pays juft^u'tin 1787, que leur 
nombre étoit monté au-delà de trois mille. Cela pîrcîtra peut-être au pteinier cpup-d'œ;l 
extraordinaire ; mais il n'y a (\\\ii concevoir que la moirié des petits foient des femelles , 
& que chaque femelle produife treize petits par an pendant quatre ans ; fouvent il arrive 
gu'une truie en met bas le double. 



payées. Elles contribuent au contraire par leur dcftinaticn à aug- 
menter de beaucoup la valeur de ceux-ci. 




de 

propoie lur la rivière de Muskingam dans une érenaue de pays qui 
touche celui dont il ed queftion ici. Cette compagnie a commencé 
à prendre fes dimenfions & à faire fes établiflemens des 1788 ; il y 
a aâuellement mille habitans dans leurs terres, parmâ lefquels on 
compte les généraux faint Clair, Parfons, Varnum , Putnam. Se 
Tupper , & plufieurs autres perfonnes de diftindion. La valeur de 
leurs terres efi: de beaucoup augmentée. On en a vendu des quan^ 
rites confidérabîes l'automne dernier à douze livres par acre , & 
quelques portions même à cinquante-rrois livres ; or les terres fur 
la rivière de Scioto promettent de bien plus grands avantages que 
ceux fur le Muskingam, & elles ont une valeur bien plus confidé-. 
rable. La contiguïté des deux établiiïemens augmente encore la 
valeur de Fun & de l'autre. 

Mais ce n'efl: pas tout. La compagnie a propofé un plan qui fera 
beaucoup plus avantageux, & qui rend l'exécution de la chofe bien 
plus facile , & elle a fait des propofitions auxquelles l'agent des 
propriétaires de ces terres a donné les mains en leur nom. 
I ;. Les propriétaires confentent à recevoir en paiement, des fonds 
ou papiers de l'Amérique à raifon de quatre-vingt-dix pour cent. 
Par ce moyen la compagnie fera nn gain clair & net, de plus de 
vingt-deux & demi pour cent, puifque ce papier peut être acquis à 
foixante-dix pour cent : ainfi chaque paiement de trois millions fera 
réduit à 2,333,540 1., & le paiement entier de la première moitié 
du paiement à 5,999,930 1.; mais il y a plus, les propriétaires con- 
fentent à donner de nouvelles facilités aux acquéreurs par les 
délais qu'ils accordent pour faire les paiemens, conformément au 
tableau préfenté ci-après; ainfi la fomme néceffaire pour acquérir 
j:ette immenfe quantité de terrein , & pour le mettre en état de fe 
peupler & d'être cultivé, ne reviendra pas tout-à-fait à 8 millions 
(de livres , ce qui n'eft que dans la proportion de trois livres par 
acre , c'eft-k-dire , la moitié du prix que ce terrein coûteroit ^ s'il 
étoit acheté pour argent comptant, ou s'il étoit acquis par des 
individus à qui il ne feroit pas poiTible de le porter à perfedioi'^ 
jufqu'à ce que tous les paiemens iuHènt faits. 

Moyennant le tableau ci-contre , on peut , d'un coup d'œiî ^ 
fe mettre au fait de la manière dont les paiemens pourront êtr^ 
faits. 



(7) 




tage e(l: fans contredit un des plus confidérables qu'on pulife 
imaginer. Mais il relie à examiner fi les produits fe percevront y 
Se 11 les retours le feront à temps pour faire face aux trois derniers 
paiemens qui conitituent la moitié du prix entier de Tachât. 

11 y a trois moyens de faire de Targent dans ce tcrrein^ & ces 
trois moyens peuvent être mis en œuvre dans le même temps ; 
mais il n'y a que les deux premiers fur lefquels nous comptions 
pour les retours deflincs à fournir aux trois derniers paiemens. 

1°. Maiilcrc. Le bled qui le recueille dans le pays quand il eft 
cultivé. 

2°. Les porcs à élever fur les terres non cultivées ; méthode dont 
on fait ufage en Amérique avec un fuccès prodigieux. 

3°. Des portions de terre que la compag^iie peut vendre à difTc- 
rens colons; & il ell: certain que ces terres doubleront de valeur^ 
auffî-tôt que la compagnie aura fait quelque légère avance pour cet 
établillçment. 

Explication de la première manière. Si les 500 cultivateurs fur 
lefquels on a compté dans Tétat des dépenfes imprimé à la f n de 
ce profpectus , étoient envoyés avant Thiver prochain pour préparer 
la voie à 3«;oo autres cultivateurs qui feroient envoyés au prin- 
temps prochain , cela épargneroit une fomme d^argent confidérable ; 
mais fuppofé qu'on n'envoyât que le printemps prochain quatre 
mille cultivateurs , alors voici ce qui auroit lieu ; fuppofons que 
de ces quatre mille perfonnes deux mille foient réellement labou- 
reurs, elles cultiveront facilement^ ainfi que rexpérlence le prouve , 
vingt-cinq arpcns par tête la première année. Dès la féconde année 
^augmentation naturelle des habitans qui a toujours lieu dans de 
pareilles circonftances & la facilité de la culture, feront telles que 
l'on cultivera cinquante mille arpens. 

Le tabac ( i ) & le coton font les récoltes les plus avantageufes 
à faire ; elles font préférables au froment, & il n'y a point de pays 
où ces productions , & en particulier le tabac , réuirifFent dans un 
aufTi grand degré de perfedion que dans le territoire de TOhio ; 
mais comme le froment eft une denrée de première néceiTité & 

(i) Le tabac, fttr ce côté de TOhio, eft d'une meilleure (j^ualité qiie c&lui de la VïT^mi^ 



^ f 8 ) 
dont on trouve toujours le débit en Europe , nous bornerons nos 
calculs à la récolte de cette denrée. On peut dans ce pays-là compter 
ordinairement fur un rapport de quarante boifTeaux , mefure d'An- 
gleterre , par acre ; mais fuppofons-en feulement trente. Suppofons 
encore que les Colons arrivent dans ce pays en mars prochain ; 
la première récolte, favoir celle de l'automne i7po,ferade i, $00,000 
boiifeaux' ; accordez-en un tiers aux cultivateurs, mettez un fixième 
en fus à donner gratuitement à des perfonnes qui d'elles-mêmes 
viendront de l'Europe s'établir dans ce pays , ou qui y arriveront 
de queiqu'autre partie de l'Amérique , il vous reftei^a 7^0,000 
boiflèaux à envoyer en Europe. Le fret & les autres frais font 
d'environ vingt-quatre fols : le produit net fera au plus bas taux 
de quatre livres dix fols par boiiTeau livrés en Europe , ou dç 
^.jy^,coo livres ^our la nioijfon de ly^i , qui arrivera en France- 
en janvier iyc)X, 

La féconde année, il n'eft plus néceiïaire de rien réferver pour 
donner à de nouveaux Colons, il ne faut que le tiers de la récolte 
pour les cultivateurs. 

Le produit de 100,000 acres, après la déduéïion faite de ce 
tiers, ira à 2 millions de boiffeaux qui arriveront en janvier 17P3. 

Il ne faut pas négliger d'obferver que dans ces calculs , on n'a 
tenu aucun compte du produit du coton , du chanvre, du lin , des 
pommes de terre au profit des nouveaux habitans & pour l'utilité de 
Jeurs familles; ces produdions exigent peu de terrein^ & il faut un 
bien léger travail pour qu'il en vienne autant qu'il en faut pour le 
befoin de chaque maifon ; mais'pour nous renfermer dans les limites 
les plus étroites, nous déduirons un tiers des retours pour ces 
objets fur chaque année , & cependant les deux premières récoltes 
rnonteroient à plus de 8.200,000 liv. 

^ La troifième récolte reviendra, d'après le calcul le plus modéré, 
1.7 millions de livres, & dans cinq ans Fétabliiïèment eft entrain 
c'ett-à dire qu'en 17^4, la compagnie fera plus quç rembourfee d^ 
l'argent qu'elle aura débourfé & de fes dépenfes , & qu'elle refléta 
en poiïeffion d'un -grand revenu £• de trois millions d'acres de 
terre ( i). 



(ij Ce calcul s accorde parfaitement avec les faits; mais les cultivateurs américains étant 
tous des particuuers , i!s n'ont pas eu les moy.ns d'envoyer leurs denrées en Europe avec 
avantage ; ainu ,ls n'ont jamais cultivé autant qu'ils le pouvoient : voilà la vraie raifcn pour 
iaqiipae ies cultivateurs américains n'ont jamais recueilli de quoi fe faire des fommes auiH 

coniidirables. ■ . . 

Qvioicju^ 



f 9 ) . 

Quoique ce calcul doive paroître bien confidérabîe à ceux qui ne 




.'ttre de Taccord entre la vérité de la chofe ^: les apparences de 
probabilité. 

Explication de la féconde manière. Pour donner de la valeur aux: 
res qui ne font pas cultivées d'abord , & qu'il n'eft pas poîTible 
travailler en entier de quelques années, il convient d'élever un 
tain nombre de porcs ; comme ces animaux multiplient d'une 
nière étonnante & s'engraifTent fliffifamment fur les terres 
ultes , il n'y aura pas de grandes dépenfcs à faire à cet égard. 
; miles qu'il faudra tuer pourront fervir à la confommation des 
'itans au commencement de l'établiiTement , & les truies conti- 
ront à être nourries. En mettant dans ce pays au commencement 
o truies avec leurs petits, il y en aura dans la première faifon 
ite mille , &à la féconde faifon , c'eft-à-dire en lypi ^ il y en aura 
quantité aflez grande pour mettre la compagnie en état d'ex- 
ter par an. trente mille barils de porc falé, pefant 220 chacun 
ir l'Europe , dont le prix efl: communément de trente-fix à qua- 
te-huit livres le cent pefant; mais fuppofé qu'il foit de trente 
':es^ le montant de ces trente mille barils ira à 2,160,000 liv. , 
produiront un dividende de feize pour cent au-deffus du prix 
actions , tous frais faits ; car comme il y a des falines fur le fol 
me 5 les frais pour la falure du porc , &c. ne font pas confidé- 
>les (i). 

explication de la troifîeme manière. La vente de quelques portions 
errein. Quoique cette vente dépende d'une grande variété de 
inflances, quoiqu'il paroilfe au premier coup d'œil que chaque 
lation diminuera quelque chofede la propriété de la compagnie^ 
ndant elle eft , d'un côté, un moyen fur de procurer les 
vas du capital avancé ^ tandis que de l'autre côté elle augmente 
liment la valeur des terres qui reftent à la compagnie: une 
"e du terrein étant cultivée , le reftevauc incontelbblement plus 
'uadruplc^ 



Cette manière de faire valoir les terres ]nz^J:cs eft Ti favorable , qu'on iz propofe de 
fFre d'une foumiirion pour livrer 30,000 barils de porc falé en Europe, en 17^)2. , 
ae pareille quantité chaque année. 



( 10 ) 

PLAN. 

Pour mettre en valeur les terres dont il eft queftion ici avec ua 
avantao-e certain , la compagnie propofe de fixer d'abord fes Ipéca- 
lations"fur la culture de cette efpèce de denrée dont le débit n'eft 
pas douteux en Europe ; & nommément le bled , le porc laie & 
le tabac feront les premiers objets auxquels on s'attachera. Les 
Colons qui, de leur propre mouvement, viendront des autres 
parties de l'Amérique, de !a France, de FAllemagne, de la llol-j 
Jande, de FEcolLe & de l'Irlande , pour fe fixer dans ce territoire, 
fe procureront bientôt une autre efpèce de revenu , mais ce revenu] 
là ne fera compté pour rien dans le calcul qu'on va faire de laj 
valeur réelle de ces terres. , ^ ^ | 

On propofe de faire le commencement de cet étabîifi^ement aveCj 
quatre mille perfonnes qu'on enverra l'année prochaine , & aux-j 
quelles on accordera toutes les chofes néceiïaires, conformémentj 
au devis qu'on a fait de ce dont ils ont belbin pour les miettre enj 
état de travailler. , ^, ^^ i 

Le paiement des terres commencera d'après le plan déjà tracé 
de manière à donner toutes les facilités poffiblcs aux acheteurs du 
terrein , qui verront qu'en fuivant ce plan , ils feront propriétaires 
de trois millions d'acres de terre , moyennant une fomme très- 
modique pour le paiement de laquelle on accorde tant de facilités, 
.que la valeur des terres aura commencé à avoir lieu, même avant" 
le paiement total du prix d'achat. 

1°. Les avantages pour les perfonnes qui défirent avoir des 
pofiTeirions en Amérique font immenfes , d'après ce plan qu'on* 
propofe. D'abord cUeis auront une propriété qui peut être vendus 
ici a Paris , au cas qu'elles puiTent juger nécelTaire de l'aliéner. 

2^. Les iommes à payer ne palleront pas la moitié du prix 
auquel elles feroient montées fi on avoit fait la vente par tête 
ou individuellement , parce qu'il feroit impofiîble d'accorder à 
chaque individu aucune des facilités que la grandeur de Tafîàirer 
enoao-e les propriétaires d'accorder à une compapnie. 

3^. Les terres qui leroient polledees par un particulier , s il 
défiroit fe féparer de la compagnie , font à côté d'autres terres qui 
font déjà aduellement cultivées ou qui vont Pêtre , ce qui double 
la. valeur de ces terres , & en bien des cas les porte à beaucoup 
au-delà du double. 



4°. La difficulté de trouver de l'argent comptant^ a fouvent 
été, pour ceux qui polTédent des biens en Amérique, une caufe 
qui a empêché les particuliers de faire tranfporter par eux- 
mêmes les produits de leurs terres en Europe, qui eft le marché 
de TAmérique ; ce qui les oblige ou de les vendre à un prix 
bas fur le fol même , ou de les envoyer pour leur compte à 
quelque marchand en Europe , qui , dans ce cas , leur en donne 
précifément ce qu'il lui plaît ; de manière que dans Pun & l'autre 
cas ils ne reçoivent point Féquivalent de leur véritable valeur; Ik 
où au contraire cette compagnie recevra les productions de ces 
terres au plus bas prix poiîible , & pourra les vendre à fon plus 
grand profit. Les propriétaires actuels font fi alTurés des faits qu'ils 
avancent , qu'ils ne font nulle difficulté de fonder les trois derniers 
paiemens qu'ils auront à recevoir, fur la certitude qu'ils en ont; 
on doit ajouter au refce que dans Tannée 1792- , on pourra, 
envoyer en Europe huit millions de boiffeaux degrain , & qo,cco 
barils de porc falé , qui, évalués à 72 liv. le baril, produiront 
2,160,000 liv. , & le Froment à quatre livres dix fols le boiifeau, 
produira 3,600,000 livres , en tout la fomme de $,750,000 liv. 

L'année après , les fommes qui viendront de ces deux denrées- 
feront bien plus confidérables encore. 

Voici hi manière, dont on propojc de mettre tout ceci en 
,. exécution. 

Art. L II y aura 8000 allions non payables au porteur, mais 
qui pourront être tranfportées par un fimple endoffement , le nom 
du préfent propriétaire étant toujours fur le dos de Taûion. 

Art. il Chaque propriétaire de chacune de ces aâiions aura ' 
droit à un huit millième dans les bénéfices qui viendront à la- 
compagnie, c'ciî-à-dire qu'il lui en reviendra autant de huit mjliième 
part qu'il aura d'aélions. 

Art. IIL Au cas où le propriétaire de quelqu'adion eu d'un 
certain nombre d'adions défirât , après tous les paiemens faits.,, 
être mij par les propriétaires k venir en pofTeffion d'un certain ' 
nombre défini d'acres , alors il aura le droit de demander qu'on 
lui accorde une portion de terrein.en proportion de la prcpriéî:é ' 
dans la compagnie. • _ 

Art. IV. Celui qui feroit tous les paiemens d'avance ou qui 
donneroic à la compagnie fes fûretés convenables en fon nom ^ 

B 2 " ' 



, ( Il ) . , , ^ . 

jouirait du privilège exprimé dans Tarride précédent, même avant 
que la compagnie ait fini de faire les paiemens pour lefquels elle 
s'eft engagée. 

Art. V. D'après un arpentage du terrein qui fera fait dès que 
la compagnie en fera réellement en pofielTion , il fe fera une 
évaluation du piix de ces terres avant qu'aucune portion quelcon- 
que puiiFe en être cédée à aucun individu , pour erre déterminé 
à quel prix elles feront données contre des actions dans la com- 
pagnie fans qu'on puifTe augmenter ou diminuer ce prix à l'excep- 
tion feulement du montant des dépenfes qu'il faudra y ajouter. 

Mafs fi ces mêmes terres font vendues à des perfonnes qui n'ont 
point d'actions dans la co-mpagnie, alor.'y leur prix fera plus grand ^ 
& il pourra être fixé au bon plaifir de la compagnie^ puifqu'il eiï 
certain que la valeur de chaque acre dans cette grande étendue de 
terrein augmentera confidérablement au moment où il fera dans 
les mains d'une compagnie dont rintentlon fera de le peupler & 
de le mettre en valeur. ,'.^7: :'^:k[ 

Art. VI. Le paiement des actions fe fera 'tnàïffttëni termes 5. 
ainû que cela fera réglé par la pluralité des a6!:ionnaires , de ma- 
n'ière que la compagnie puifFe faire honneur k fes paiemens aux 
époques où ils échéront envers les propriétaires aâ:u^îs ,-& qu'ils 
foienr mis en état d'envoyer le nombre de cultivateurs necelîaires, 
conformément à ce qui eft exprimé dans la p". 9. 

Art. VIÎ. Les aâionnaircs ne pourront prendre aucune réfo- 
lution pour obliger chacun d'eux à payer plus de 200 liyres, ou 
la cinquième partie de chaque aéiion daits do'uze mois h. compter 
de la date où l'aéle de fociété fera figné ^ de manière qu'aucun 
adionnaire. ne pourra être g'énc pour faire avancer lès paiemens- 
plus qu'il ne le voudroit dans la première année. 

Art. Vin. Pour avoir voix dans Pairemblée des adionnaires , , 
il faudra être propriétaire de cinquante aélions , mais perfonne ne 
pourra y avoir plus de cinq voix. 

Art. IX. Il fera nommé des direcleurs- & des régiiïeurs , 8c 
aucun agent quelconque ne pourra erre payé que par leurs ordres. 

Art. X. On donnera des ordres le plus tôt que faire fe pourra 
à quelques peribnnes pour procurer des fonds Américains , qui 
feront payables moitié comptant, m.oitié dans le courant de l'année. 
On donnera ces papiers en paiement des terres aux époques fixées^ 

Art. XL Les adions porteront intérêt à $ pour cent jufqu'au 
premier Avril 1792. . - 



.( 13 ) 

|gira»ri»TtrTnr r iiiiiiii iiiii w iii irrwiiiMni-nrniirinTwmi-Trri I i ii i ii i ii iiii i iiiiiiiiTTtirTTiniii i iiii iiii m 'm m r ii m m i n ii r iiii i iiii m i r i n iiiiiiiiiiiiiii i i mn iiiir — 

RÉSUMÉ DES ^AVANTACES SUSDITS. 

Jl OUR réfumer en peu de paroles les avantages qui réfultent du 
plan fufdit, il fuffit de remarquer 

Que Tachât dont il efl: queflion efl: Tacquifition d'un fol du 
plus riche produit qu'il Ibit poiTible d'imaginer, dans un climat 
excellent. Le témoignage uniibrme d'une grande quantité de per- 
fonnes , de Français , d'Anglais , d'Américains en fournit une 
preuve fans réplique. Il leroit abfurde de fuppofcr que des perfonnes 
qui n'ont aucun intérêt dans la chofe, qui ne fe connoilloient po'nc 
& dont l'unique but étoit de dire la vérité, fe fulïent rencontrées 
toutes dans le même point , pour dire les mêmes chofes , fi eîîcs 
li'avoient été exaâement conformes à la réalité. 

> Le conf^^ntement que donnent les propriétaires de recevoir leurs 
paiemens à de û longs termes eft encore une preuve fans réplique 
qu'ils favent que les rentrées peuvent fournir au quatrième , cin- 
quième & fixième paiement , & que fans ces rentrées ils ne pour- 
roient pas être payés par une compagnie qui n'a pas les fonds, 
faffifans pour faire ces paiemens en entier. •^'^ 

-L'avantage de payer en papier, eft fi grand, que les acheteurs 
auront toujours de bons acres de terre pour plus d'argent 
qu'ils n'en debourlènt d'abord. La m^ajeure partie de ces terres 
fera cultivée de manière que quand même (ce qui efl: à-peu-près 
impoffible) les retours ne procureroient pas les rentrées attendues, 
il y auroit encore un grand bénétice à faire, qui réfulteroit du 
fol même du pays dès qu'il y auroit du monde pour le cultiver 
& pour Phabiter ; dès-lcrs même chaque acre de terre augmentera 
tellement de valeur , qu'en cas qu'on veuille le vendre , le prix en 
fera infiniment plus confidérabie que celui de l'achat. 

' Il y a dans ce pays des^ ni'nes de (t\ : avant que le pays en 
entier foit mis en culture, des porcs & des troupeaux de bœufs 
peuvent procurer un revenu par les terres incultes : on peut les 
fàlcr & les envoyer en France & chez les aunes peuples de TEu- 
rope où ces faiines ferv iront au pourvoycUiCnt des marines & à 
d'autres objets. 

'Les points de vue les plus avantageux qui fe prtfentcnt dans 



cette afPaire font donc ceux-ci : de tirer parti du papier de l'Amé- 
rique pour payer le prix des terres , & de cultiver les terres comme 
le peut uiié compagnie; mais après tout, quand les grands 
avantages qui peuvent dériver de ces points fe feront fait fentir 
en abonda nce^ k tous les membres de la compagnie, il.i pourront 
encore, s'ils le veulent, convertir leur propriété en établiifemxens 
individuels. 

Et à ces avantages qui font en faveur de la compagnie ou des 
individus qui la compofent , on peut en ajouter un autre encore 
pour cette Nation. La France n'a pas befoin en général, qu'on 
y porte du bled, cependant Texpériencë du moment, démontre 
que quelques fois cela devient néceifaire ; or cela étant ainfi, elle 
pourra obtenir la quantité de bled dont elle aura befoin fans 
faire paifer fon argent k l'étranger, & il ell plus que probable 
que les perfonnes qui font monter les importations à un fi haut 
prix (& qui occafionnent par-là des befoins) ne feront plus de 
pareilles fpéculations lorfque cette fociété fera établie. 

La marine Françaife trouvera également fon compte dans Tap- 
provifionnement qu'elle pourra faire là de falines , & cet objet 
ell: pour elle de la plus haute importance. 

Depuis la première imprefTion de ce Projpecrus , les circonflan- 
ces aduelles ont tellement favorifé cet établillèment qu'il efl: à 
préfumer quç les actionnaires ne fe verront jamais obligés à payer 
leurs aélions en entier, & que la portion de rerrein qui leur réi- 
téra deviendra d'une li grande valeur que leur propriété ne. dimi- 
nuera pas en valeur quoiqu'elle diminue en quantité. Four fe 
convaincre de cela , il n'y a qu^à obferver combien il eil à préfumer 
qu'un grand nombre de perfonnes qui ont perdu kur état parles 
révolutions prefentes , feront charmées de trouver une reiîburce 
honnête & un cfpoir de fe procurer un état avantageux. E\t cer- 
tainement le gouvernement qui établit en tout les droits de la li- 
berté, ( I ) n empêchera pas lés fujets qui ont perdu les relfources 



(î) C'ed à cette fin qu'a tendu i:ndes premiers décrets de l'afleirblée nationale. Les guerres 
dvi'vS qui ont ravagé l'Angleterre pendant cinquante ans , ont pris najlfance dans l'em- 
pî.ciiement qu'os a vculu ir.ettre à chercher tonune ailleurs à ccnx qui ne pouvoient la 
hjire dans 1 ur pays. Les princes de la maifoa de Stuart ont toujours fuivi des inaxinjes 
contraires à la liberté individuelle , & aux vtais intérêts du peuple. Charles V défendit 
les émigraiions ; 6t c'eit un tait également vrai & curieux que Croniwel avoit déjà vendu 
ifs etîets , &. s'éioit eiiibarqué avec ia laniilie pour aUwr tn i\jriéric|ue , Icr'lliue cette IqI 
kfjufLe l'obligea de fe débarquer. 



quils avoienr de profiter de cette occafion unique, puifqu'en 
fuivant les probabilités les plus naturelles tous ceux qui pailèronc 
dans ce pays comme cultivateurs , auront au moyen d'une légère 
dépenfe , non-feulement le nécelîaire, mais encore Tutile 8c l'a- 
gréable pour eux & leurs familles. Soixante mille perfonnes établies 
fur ce terrein fuffiront pour le mettre en valeur , cVfi-à-dire^ douze 
a quinze mille familles le peupleront , & Ton eft afTuré de les 
trouver en France , en Allemagne ^ en Hollande y dans la Grande- 
Bretagne , & dans TAmérique Septentrionale. 



Ainfi une loi inique & mal-adroite conferva Croravel en Angleterre , & prépara la ter- 
rible vengeance que ce célèbre émigrant exerça contre le monarque. 

Les éinigrans font toujours ou des mécontens ou des pauvres , & ce n'eft de l'intérêt 
d'aucun pays de les conferver. 

Il eft très - douteux que l'Angleterre anroit gardé fa liberté & fa tranquillité intérieure 
fi long-temps, fi les émigrations en Amérique n'avoient pas mis toujours tout le monde à 
fon aife, en donnant aux individus l'alternative ou de s'accommoder à la conftitution du 
pays , ou de fe retirer. Les malheurs publics prennent leur fource dans les mécontentemens 
des particuliers ; qwand ces derniers n'exiftent pas , les premiers ne peuvent avoir lieu. Les 
événemens arrivés en Angleterre fous plufieurs règnes , con£rment parfaitement ce qu'on 
vient d'avancer. Charles II , qui n'adopta pas les fyftèmes tyranaiques de fa maifon , jouit 
àc la paix pendant tout le temps qu'il fut hffis fous le trône. Jacques II , qui crut devoir 
empêcher les émigrations , fut chafTé du trône après un règne d'environ trois années, trndis 
que Guillaume lit rendit à la Grande-Bretagne & fon luftre &. la tranquiUitc , en laiflant 
tous les individus libres de leur fort. 

FORME DE LA SOUMISSIONNA" 1" FAIRE. 

J E foujjîgni m^ohlige de prendre cent actions de mille livres cha- 
cune dans la compagnie du Scioto y & d^ en payer la valeur au bureau 
de ladite compagnie , aux époques fixées dans le Frojpeclus ; & 
dans le cas oii je nêgocierois lejditcs a fiions , je me charge de payer 
Vintérêt jiifqu^ aux époques y oii je ferai les paiemens en argent^ 
ajîn que les perfonnes à qui lefdites aclions jeront pajfées ^puiJJ'ent 
,ai recevoir les intérêts y fans déduclion , dès ce jour. 



(1(5) 



Devis des dépenfis à faire pour envoyer les Cultivateurs avec les 
chofès qui leur font nécejjaires ; 

SAVOIR: 



En 

France. 



Paffage de quatre mille perfonnes en Amérique, à 80 liv. 



par tête. 

Frais du voyage d'Alexandrie où l'on débarque, jufqu'à 
la Colonie , à ao liv 

Quatre cents fufils à 15 liv 

Poudre , plomb , lignes & filets, 

Quatrâ cents ch«vaux à acheter en Amérique, à 50 liv. . . 

Frais pour amener les chevaux , à 4 liv 

Deux cens ânes à 50 liv- à acheter en Amérique 

Frais pour amener les ânes , à 3 liv 

Deux centî charrues & les uftenfiles qui y font relatifs , 
à 20 h Y ". 



Deux cens vaches, à 60 liv. & les frais jufqu'à l'endroit 
3 liv ^ . 

Cent brebis à 6 liv. & les frais i liv 

Deux mille truies & leurs petits , à 8 liv. & les frais 
jufqu'à l'endroit , i liv 



6,000 

3,oco 



Vingt-cinq mille boilïeaux de bled pour les femailles, 

4 liv. le boilfeau anglois 

Semailles de plufieurs efpèces , ., 

Prcrvifions nècefla-ire-s pour fix mois, à raifen vde 6 fous par 
ir 



joi 



Pour des uftenfiles de différentes efpèces 

Pour conftruclion des moulins à farine en Amérique .... 

Cloux & autres menus articles . . . , 

Diveries chofes inattendues. 

Dépenfes des agens en Amérique , pour deux années 

Dépenfes des ngéns en Irlairde , pour ceux qui procure- 
ront des Colons , ., • . 

Commifiion i.u Né'gociant qui fera chargé de l'embarque- 
ment. ..... . 

Fret des différentes chofes achetées en Europe, & en 
voyees en Amérique 



Total. 



En 
Irlande. 



32O5OOO 



I2,CCO 



I.,000 



I ^-" 
Amérique. 



80,00» 



20,00vJ 

i,6oa 

10;OCO 

600 

4,oco 

12,600 
700 

18,000 

I 00,000 
5,G0O 

216,000 
20,000 
8,coo 
lo.oco 
ic,ooa 
40,000 



3,oco 



12,000 333,000 1556,500 



En France. . . . i2,coo 
En Irlande. .. . 333.000 
En Amérique. . 556,500 

C'OijfOO 

A'. B. Si contre toute attente ces frôis montoient plus haut que le bordererai ci-deiîus 
r-ùnnonce, les Propriétaires aftuels fe chargent de payer l'excédent, pourvu que les objeis. 
çi-deiïus reftent les mêmes, & quant à leur nombre, «Sî. quanta leur quantité. 



S- 



m .f f^ f i ^ MiBi B^i M i i w imiLT^rTi r gmgag w 



ÉPOQUE DES Paie MENS, fuïvant h Plan propofé jufquà la fin de Vannée lygi , Indufivement, 
178p. 



lypo. 



i7pi. 



Dec. 



Tour 5C0 Cultivateurs 

Le premier paiement fur les terres. 
Pour 3 500 Cultivateurs ......... 

Deuiième paiement fur les terres. 
Troisième paiement fur les terres. 
Quatrième piiement fur les terres, 
Cinqiiième paiement fvir les terres , 



Totaux. 



580000 



Janvier 



60000 



5800C0J 6000. 



Février 



Mars. 



Avril. 



ijoOOOO 



Mai. 



40000 



780000 



40000 



Juin. 



300000 



Juillet. 



Août. 



Sept. 



oa. 



Nov. 



Dec. 



Janvier 



280000 



580000 



3 00000 



860000 200000,300000? 



Mars. 



Avril. 



Mai. 



Juin. 



Juilk 



Août. 



Sept. .Odobre. Nov. 



L?0C0r 



580000 



300000 



15 b 0000 



, [300000 



iPccoo 



1 iCcccc 



Dec. 



300CC0 



Sommes à payer chaque annnéc. 



Aîontant pour chaque aûlon, 

Pieniière anrée à payer. , 640,000! Sol. // f. 

année 179c. . . , 2,780,000 3/(7 10 

année 1791..,. 2,900.000 362 10 



Il rtftera à pfVer , pour l'snnâe 1702, f.!r chaque aflien 210 'ivres, ce q-.ii 
tft un peu plus d'un ciiiqiiièrr.e , montant, pour toutes ks î-flicns enfcndle , 
à i,68c,coo livres. Si les dcnrtes arrivent chms le mois de Février, ce cui crt 
très-poffible , il ne fera pas néccilaire de faire ces derniers paiemcns. 



Avant l'année 1792..., 6,320,000 790 />, 



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